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mouton

Pseudo: Léa BarnelCatégorie: VoyagesFais tourner ce blog!
Samedi 25 Novembre 2006

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

10

 

Les cannibales

 

 

 

 

Marie se réveilla. Au dessus d’elle se trouvait un homme qui la regardait en se léchant les babines (même si le terme n’ait pas très approprié pour un homme).  Il la releva avec brusquerie.

« J’en ait trouvé une qui a l’air comestible....

 - Comestible? Mais, il est fou ce mec ! se dit Marie

 Soudain, elle aperçut Laurane et sa mouffette attachées avec une corde autour du cou. Les autres marins étaient reliés à elles de la même façon. Un anneau de corde, vide, attendait Marie entre Laurane et sa mouffette. Sous la menace des lances, Marie dut se résoudre à ne rien tenter pour libérer ses compagnons de voyage. On les conduisit à travers la forêt. Ils suivaient un chemin invisible, mais que les hommes qui les avaient si gentiment accueillis ( l’équipage avait déduit, que, pour les attacher ainsi, et que pour se lécher aussi souvent les babines en les regardant, ils ne pouvaient  être que cannibales)  semblaient parfaitement connaître. Au bout d’un quart d’heure de marche, on leur banda les yeux. Ils se laissèrent  guider par la voix du cannibale qui tenait la corde. Un moment passa avant qu’on ne leur enlève le bandeau qu’ils avaient sur les yeux. L’équipage de l’Aventurier découvrit tout un village. Des femmes et des enfants qui se léchaient les lèvres d’avance. Non loin de là, un sorcier remerciait les dieux de leur avoir offert à manger.  On les jeta sans ménagement dans une case en bois humide. Laurane se releva péniblement. Mais la corde qui se trouvait autour de son cou et la reliait à ses compagnons, sous leur poids, la fit retomber en arrière. Ses mains étant ligotées derrière son dos, elle dut se résoudre à rester attachée. Soudain, la porte s’ouvrit à toute volée, et les cannibales entrèrent pour les détacher. Une fois leur besogne accomplie, ils repartirent en fermant la porte à double tour de l’extérieur. Soudain, un faible gémissement se fit entendre. Il venait du fond de la case. Laurane et Marie s’en approchèrent.

« Qui... Qui... Qui êtes vous? Demanda une voie féminine

-         Nous sommes un équipage déchu, venant de l’autre côté de la première mer. Répondit Marie

-         Je m’appelle Laurane.

-         Et moi Marie. Le petit animal noir et blanc qui porte une tomate sur le museau s’appelle Mouffmouff.

-         Mais, qui êtes vous vous ? demanda Laurane

Avant de répondre à cette question, quatre jeunes filles sortirent de l’ombre : elles devaient avoir le même âge que Laurane et Marie, leur teint était pâle et malgré les pleurs et la faim qui les avaient défigurées, on les devinait belles et insoumises.

     -Je suis Lorelei, voici mes amies : Fiona (ma sœur) Léa et Léa.

Les deux Léa semblaient extrêmement  fatiguées. Elles toussaient et étaient brûlantes de fièvre. Laurane comprit qu’elles étaient dans cet état à cause d’une mauvaise nutrition. La jeune fille fouilla dans sa poche, et en sortit une pomme rouge. Elle la coupa en deux et tendit chacune des moitiés aux Léa.

-         Merci. Répondirent elles.

-         Ce n’est rien... Laurane soupira. Comment pourraient ils sortir d’ici? En plus d’être fermées à double tour, la case était aussi gardée...            

  Soudain, on entendit le bruit d’une clef tournant dans la porte... Elle s’ouvrit, et un cannibale apparut dans l’encadrement de la porte.

  - Gracus avus batus, nousus allus conquérus lesus mondus !Unus fus queus votrus navus                                         serus réparus, nousus embarcus etus demdus lesus mondus ! Etus nousus vousus lessus làus ! ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha    

  - Qu’est-ce  qu’il raconte ? demanda Laurane

  - J’en sais rien... Répondit Marie

  -Moi, je sais. Dit Lorelei

  - Tu peux nous traduire ça ?!

 - Oui. Alors, il dit : Grâce à votre bateau, nous allons conquérir le monde ! Une fois que votre navire sera réparé, nous embarquerons et dominerons le monde ! Et nous vous laisserons là ! Et puis après il s’est marré...

-O.K...

Le cannibale reprit alors :

-         Nousus mangerus deuxus d’entrus vousus.

-         Nous mangerons deux d’entre vous. Traduit Lorelei

Le cannibale allait reprendre lorsque la moufette lui passa entre les jambes. Celui-ci poussa un juron, mais n’alerta pas les autres cannibales : ils rattraperaient cette satanée bestiole une autre fois...

-         Mouffmouff ! Cria Marie. Reviens ! Tu vas te faire massacrer !

Mais le petit animal ne l’écouta pas et s’enfonça dans la forêt.  

 Le cannibale éclata de rire devant le désarroi de la jeune fille. Il sortit en claquant la porte. Marie fondit en larme. Reverrait elle sa petite mouffette adorée? Un marin, au bord de la crise de nerf, hurla sur Marie :

-         Mais tu te la fermes oui ?

Les pleurs de la jeune fille redoublèrent.

-         T’es bien comme les autres fille ! Toujours à chialer !

Les larmes de Marie cessèrent immédiatement. Laissant place à une colère sans précédent dans l’histoire de Marie. Sa voie était devenue froide et ses yeux aussi dangereux que des pieux de glace :

-         Et toi t’es bien comme les autres mec, ça laisse faire et ça se la pète en draguant les filles, mais des qu’il faut se remuer les méninges, on sonne absent ! Mauviette va !

-         C’est facile de dire ça quand on est sûre de ne pas se faire bouffer par une bande de dégénérés !

-         Et pourquoi je suis sûre de pas me faire bouffer ?

-         Par ce que t’es tellement moche qu’ils en attraperaient une indigestion !

C’en  fut trop pour Marie : son pied partit dans la figure du marin.

-         Hourra maman je suis guérie ! hurla –t- elle dans le feu de l’action

-         Non Marie, pas Hourra maman je suis guérie, mais, Hourayamachuguéris. Corrigea Laurane  

publié par Léa Barnel dans: mouton
Mercredi 11 Octobre 2006

 

 

7

 

Requin géant

 

 

Laurane grimaça. Le médecin de bord tapotait une de ses blessures avec un coton imbibé d’alcool. Elle avait pas mal de blessures plus ou moins graves, mais son état était stable par rapport à certains marins qui déliraient sur leur couche. Leurs blessures étaient nettement plus graves que celles de Laurane. Parfois, c’était des côtes cassées ou encore des membres mutilés… Marie passait souvent la voir, inquiète de l’état de son amie. Laurane, ne pouvant sortir à cause d’une entorse à la cheville, lui demandait si tout ce passait bien sur le pont.

 

Celle ci lui répondait que tout allait bien, et que les réparations avançaient rapidement.

 

Au bout de deux jours, Laurane put marcher, puis courir. L’hiver se rapprochait, et avec lui le froid. Cependant, il faisait encore assez chaud pour sortir dehors avec seulement une petite laine. Et puis, un jour, il y eut deux disparitions… Deux marins. Ils montaient la garde lorsque, soudain, un hurlement les avait tous réveillés. Ils étaient tous accourus sur le pont. Ils avaient eu beau appeler, crier, hurler, pas de trace des deux marins. Mais, après une heure de recherche, il avait dû admettre la disparition de deux des leurs. Depuis cet accident tous ceux qui montaient la garde allaient à la place du guetteur.

 

Laurane dormait paisiblement, lorsqu’une langue râpeuse vint la léchait. La jeune fille se réveilla. Au- dessus d’elle se tenait un poisson qui la regardait, gueule ouverte. Elle hurla et se releva d’un coup. La mouffette roula le long des jambes de Laurane et le poisson vola. La petite mouffette se retrouva assise sur les fesses. Le poisson, quant à lui finit sa course sur la tête de la mouffette. Laurane éclata de rire. Mais, quand elle vit le petit animal tout étonné avec son poisson sur la tête, elle fondit littéralement.

 

« T’es trop mignonne ! Mais, si tu es venue me réveiller, ce n’est certainement pas pour mon tour de garde !

 

      -Effectivement, écrivit la mouffette, Marie aimerait que tu viennes manger.

 

-         D’ac’, j’arrive. »

 

Laurane s’habilla et sortit. A l’extérieur, une légère brise soufflait. Elle suffisait, cependant à faire avancer le bateau à une bonne allure. Marie mangeait une tomate adossée à la rambarde du bateau. En la voyant arriver, la jeune fille la salua d’un signe de main :

 

« ‘lut, ça va ?

 

-         Oui, et toi ? Ah, au fait, ta mouffette t’a raconté sa tactique pour me réveiller ?

 

-         Oui. Tu veux une tomate ?

 

-         Volontiers. »

 

La jeune fille s’apprêtait à mordre dans sa tomate, lorsqu’un brusque mouvement du navire la fit basculer en arrière. Sa tomate vola. La mouffette leva la tête. Elle vit une tomate lui arriver dessus... Le légume vint s’enfoncer sur le museau du petit animal. Bizarrement, il n’explosa pas. Mouffmouff regarda Laurane et Marie. En la voyant ainsi, les deux amies éclatèrent de rire...         

 

Ce qui eut pour effet de vexer la mouffette. Celle ci leur tourna le dos et leva la queue. Croyant que le petit animal allait les parfumer à sa manière, Marie et Laurane arrêtèrent aussitôt de rire. Mais, au lieu de cela, elle se contenta de les regarder et de leur tirer la langue. Puis, elle s’en alla en tortillant les fesses et en levant la tête comme une duchesse. Elle traversa tout le pont provoquant, à son passage, l’hilarité générale. Elle s’engouffra dans la tente de sa maîtresse, et en referma violemment la tenture pour aller bouder dans son coin.

 

La mouffette s’était habituée à porter une tomate sur son nez. Elle exigeait désormais d’en avoir toujours une sur son museau noir et blanc....

 

 

          L’aube commençait à paraître lorsque le guetteur repéra le requin. Il faisait six mètres de long et trois de large. Son aileron haut d’un mètre fendait les flots. Laurane sortit de sa tente en catastrophe. Marie était déjà dehors, harpon en main.

 

« Marie, que se passe-t – il ?

 

-         Un requin. Très grand.

 

-         Il va attaquer ?

 

-         C’est probable. »

 

Laurane attrapa un harpon et ordonna à l’équipage de faire de même. Les marins obéirent sans broncher et s’équipèrent. Orion arriva en boitillant. La pieuvre lui avait cassé la cheville et il était en rééducation.

 

-         Fais très attention, ce requin va vous montrer vos rêves les plus fous et tentera de vous emporter dans les abysses…

 

-         Orion, comment  sais -tu tout ça ?

 

Le marin regarda Laurane droit dans les yeux :

 

-         Je sais plus de choses que tu crois… »

 

Puis, avant que la jeune fille puisse lui demander se qu’il voulait dire par là, il lui tourna le dos pour aller chercher un harpon. Soudain, le requin sortit de l’eau…

 

Il sauta au dessus du bateau emportant avec lui le bras d’un marin… Personne n’avait réagi, figé par la surprise. Le requin retomba souplement dans l’eau. Il y eut un moment de silence que seul les gémissements du marin troublaient, puis, le bateau devint fourmilière. On emmena le marin à l’infirmerie, puis, tout le monde se posta près de la rambarde du navire. Les marins observaient la mer, anxieux .Mais le requin avait disparu .Soudain, Mouffmouff lança son harpon dans l’eau… L’arme se figea, avec un bruit mat, dans la peau du requin…

 

« Comment l’as tu repéré ? demanda Laurane étonnée

 

-         Il nageait à contre courant… » 

 

Elle n’eut pas le temps d’en dire plus. Le requin sauta de nouveau .Un marin qui se trouvait de l’autre coté du pont, cria avant de se faire emporter par le requin :

 

« Il a des pierres précieuses sous le ventre ! »

 

Le requin refit un passage. Tous les marins se ruèrent sur lui. Laurane avait beau tenter de les en empêcher, ils accouraient vers le requin. Certains voyaient de l’or, d’autres des rubis… Tous voyaient dans l’horreur qu’était le requin, richesse, luxe et tout ce qu’ils n’avaient jamais pu avoir, faute d’argent. Marie luttait contre son envie de se jetait sur le requin. Elle allait se laisser aller, lorsqu’elle vit Laurane se diriger vers le requin. Puis, ce fut sa mouffette chérie qu’elle aperçut. Dans leurs yeux, se lisait un combat entre la peur et la folie. Ces deux visions, suffirent à lui donner le courage et la force de partir tuer le monstre. Elle respira un bon coup et s’élança. Plus elle se rapprochait, plus l’envie de sauter sur le requin la gagnait. Pour lui résister, Marie serrait son harpon dans sa main. Il lui rappelait la lutte qu’elle devait mettre à bien. Soudain, elle fut tout près du requin. Lutter contre la tentation devint tellement dure, que des larmes se mirent à couler sur ses joues.  Lui, continuait à sauter autour du bateau. Marie accéléra. Elle ne tiendrait plus bien longtemps, elle le savait. Soudain, elle trébucha. Une seconde, elle cessa de se concentrer. Ce fut une erreur, une très grave erreur. La folie s’empara immédiatement de l’esprit de Marie. Les yeux de la jeune fille reflétaient la folie qui s’était emparée d’elle. Le requin refit un passage. Marie  glissa sur ses genoux. Elle allait prendre le requin dans ses bras, lorsque la chance tourna en faveur de Marie. Elle n’avait toujours pas lâché son harpon, et dans son mouvement pour tenter d’attraper le requin, elle avait dû lever les bras… Transperçant ainsi le requin. Tout d’un coup, toute la folie disparut des yeux de l’équipage. Celle ci se retira  laissant place à l’horreur et la destruction que le requin avait crée. Les marins reprirent leurs esprits. Personne ne se souvenait plus de rien. Mais le cadavre du monstre leurs rafraîchir les idées. Marie dégagea le requin de sa jambe. Laurane s’approcha de son amie et lui demanda :

 

« C’est toi qui l’a tué ?

 

-         Oui, mais ce n’était pas volontaire…

 

Laurane se releva et commença un discours d’une voix grave

 

-         Cher marins, Marie nous a tous sauvés. Alors, pour Marie, Hip ! Hip ! Hourra !

 

-         Hip! Hip ! Hourra !

 

Marie se releva et sourit. Cette fois, ils ne pourraient plus insinuer que des filles à bord d’un navire portaient malchance… Après une bonne vingtaine de « hourra », on se remit au travail. On déplora quatre morts dont Mâchicoulis.

 

« Le pauvre a dû voir l’amour…  avait déclarait Orion.                             

 

-         L’amour ? avait interrogé Marie

 

-         Oui, l’amour… Le pauvre bougre aurait voulu fonder une famille... C’est d’ailleurs pour cela qu’il voyageait…

 

-         Il voulait se trouver une femme ?…

 

-         Exactement. Il en  voulait une comme toi ou Laurane. »

 

Orion tourna le dos à la jeune fille et s’en alla aider les marins. Marie, elle, partit voir Laurane. Sur son chemin, elle croisa sa mouffette. Celle ci lui montra une pancarte sur laquelle était inscrit : «ordre de moi : Prends moi dans tes bras ! » La jeune fille, sourit, se pencha et prit le petit animal dans ses bras. Elle rejoignit Laurane et lui demanda :

 

« Sincèrement, pourquoi as tu décidé  de partir faire la traversée les sept mers les plus dangereuses de toute la planète ? Ca m’étonnerait que ce soit simplement pour que Guillaume cesse de nous embêter…

 

-         Bah… En fait, j’avais bien envie de le faire ce voyage….

 

-         Donc, Tu as mis la vie de vingt- deux personnes en danger par ce que tu avais envie de traverser les sept mers ? Mais ma vielle, il faut te soigner ! Cria la jeune fille pleine de colère. Mais bienvenue au club quand même ! ajouta elle, toujours en hurlant, mais avec un sourire au coin des lèvres.

 

-         Alors, toi aussi tu avais envie de faire ce pari ?

 

-         Ben, bien sûre ma vielle ! Comme tous ceux qui sont sur ce bateau !

 

-         Ouf ! Un instant, j’ai cru être la seule cinglée sur ce rafiot !

 

-         Rafiot ?! Non mais attends, je vais te montrer moi !    

 

Marie sauta sur Laurane en hurlant :

 

-         Bataille générale !

 

-         OUAIS !!! » Hurlèrent de joie tous les marins. Ils abandonnèrent leurs activités pour se lancer, avec joie, dans la bagarre…

 

 

                                                                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8

 

                  Deuxième mer

 

 

 

« La deuxième mer droit devant » Hurla le guetteur du haut de son perchoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                          9

 

La tempête

 

                                                  

 

 

Le guetteur n’en croyait pas ses yeux : une énorme tempête, la plus grosse qu’il n’ait jamais vu. Elle fonçait sur le bateau à une vitesse incroyable. L’homme hurla :

 

« Tempête droit devant ! »

 

Hélas, le vent était tombé et tous les marins étaient descendus à la cale pour sortir les avirons et souquer ferme. Le pauvre marin dût descendre de son mât à toute vitesse. Il failli se rompre le coup en ratant le sixième cordages avant la fin de l’échelle de corde . Il traversa  qu’on puissetout le pont en courant aussi vite qu’il put. Le guetteur entra en trombe dans la cale Malheureusement, il rata la deuxième marche et dévala, cul par dessus tête, les huit dernières marches. Il s’affaissa devant les marins hilares.

 

« Une… Une…Une….

 

-Et ben quoi « une » ? En plus d’avoir perdu l’équilibre tu aurais également perdu ta langue ? demanda un gros marin au guetteur

 

Les marins éclatèrent de rire 

 

Le guetteur, piqué au vif, répondit en se relevant :

 

-         Et toi gros balourd, depuis quand n’as tu pas perdu du poids ? Un mois ou un an ?

 

Tous les marins plissèrent les yeux en secouant la main signe que c’était bien renvoyé et que  ça faisait mal. Le gros marin s’apprêtait à répondre lorsqu’un autre marin rata, lui, aussi la deuxième marche. Il dévala les huit dernières marches et finit sa descente sur le guetteur.

 

-Une tempête ! Enorme !

 

-Plus grosse que celle qui a ravagé Marseille* ! ajouta le guetteur

 

Les marins frémirent. La tempête avait ravagé Marseille en quelque minutes seulement. Elle avait coulé trente bateaux sur quarante amarrés dans le port. Marseille avait beaucoup perdu dans cette tempête. Si une ville comme Marseille n’avait pu résister à la tempête, comment, eux, pourrait- ils survivre ? Il fallait faire vite. Tous les marins abandonnèrent leurs places. Le guetteur alla rejoindre son poste, tandis que le marin qui s’était écrasé sur lui allait prévenir Laurane et Marie. Laurane aidait à l’infirmerie, tendit que Marie écrivait leur route et la journée sur son petit carnet de bord. Quand les deux jeunes filles apprirent la nouvelle, elles abandonnèrent immédiatement leurs activités, pour courir sur le pont. Là, elles s’adossèrent à la rambarde. Ce qu’elles virent, les fit presque tomber dans les pommes. La tempête était énorme. Le marin qui leur avait décrit, n’avait pas exagéré, et l’adjectif qu’il avait employé, énorme, était presque top faible devant la grosseur de la tempête. Elle avançait trop vite pour espérer la semer, et était trop large pour la contourner. La tempête n’était plus qu’à quelques heures, et les vagues commençaient déjà à forcir.

 

 «  Bon dieu... murmura Marie

 

-Tu l’as dit, et je crois que tu peux commencer à prier, par ce que là, je ne crois pas qu’il nous ait dans son cœur pour nous envoyer une telle horreur...

 

Marie déglutit, Laurane avait raison sur ce point, le seigneur,  bien que les jeunes filles n’y croyaient point, ne les avait pas sous son aile... Sur le pont, l’agitation était à son comble. La tempête se rapprochait, et ils n’étaient toujours pas prêts. De plus, les vagues commençaient à grossir. Soudain, une vague faisant bien six mètre de haut, les surplomba de toute sa hauteur. Les passagers de l’Aventurier  hurlèrent. La vague sembla les dévisager un instant, puis, elle s’abattit juste devant le navire. Soulevant ainsi une autre vague qui souleva elle-même le bateau. Mouffmouff, elle, était montée sur le mât. Celui ci oscillait dangereusement. Marie et Laurane était rentrées dans leur tente pour tenter de trouver quelque chose qui puisse les aider. Soudain, un horrible bruit se fit entendre. Suivit d’un grand « Timber !! ». Le mât venait de céder. Il s’abattit sur la tente de Laurane et Marie, épargnant de justesse les deux jeunes filles.

 

« Laurane ! Hurla Marie pour couvrir le vent, Il faut sortir d’ici !

 

-Je veux bien moi, mais....

 

Elle fut coupée par Marie 

 

-         Mouffmouff ! Tu es vivante ! Je t’ai crue morte !

 

Le petit animal lui fit un grand sourire (pour la mouffette, sourire revenait à montrer ses dents en un grand « tcheese ») elle sortit ses griffes, et découpa le tissu de la tente. Toutes purent en sortir. Mais, lorsqu’elles émergèrent complètement du tissu, ce fut pour voir les récifs sur lesquels ils fonçaient. Un long hurlement sortit de la gorge de l’équipage. A moins qu’il y ait un miracle dans la seconde qui suivait, ils n’avaient aucune chance de survivre. Le bateau fonçait à vive allure sur les récifs. Tous les marins s’étaient jetés à terre implorant tous les dieux de la mer qui leur passaient par la tête. Sans doute que les dieux eurent marre de leurs suppliques, ou alors eurent ils pitié d’eux, mais le fait est: que le miracle arriva.

 

 

La vague se détourna des récifs pour se diriger vers une plage... Le vent se calma, et la vague les emporta vers la plage où le navire fut retourné en tous sens avant de finir son tonneau sur le côté droit. La tempête les avait tous tellement épuisés qu’il n’eurent pas la force d’explorer la plage sur laquelle ils avaient échoué. L’équipage sombra dans un profond sommeil mêlé à une perte de conscience.

 

publié par Léa Barnel dans: mouton
Mercredi 11 Octobre 2006
publié par Léa Barnel dans: mouton
Dimanche 08 Octobre 2006

La traversée des sept mers

De Léa Barnel

Tome 1 : Sept mers

Petite précision sur le livre de la « Traversée des sept mers : Le monde où vivent Lauranne, Marie et les autres et différent du notre par sa géographie, aussi, si vous cherchez l’île des filles sur la carte, vous avez peu de chance de la trouver.... De même si vous trouvez étrange que nos aventurières passent de la mer méditerranée à la mer des caraïbes... Pour l’époque, cette histoire se passe un peu avant la révolution dans notre « monde » . Voilà, chère lecteur je crois que tu sais tout, désormais...

Présentations

Laurane:

Laurane fille de marin et de couturière aime montrer aux garçons que toute fille qu’elle est, elle leur est égale. C’est de cette façon qu’elle prend le pari de traverser les sept mers. Elle est blond foncé aux yeux marrons grande et mince, elle a dix neuf ans.

Le père de Laurane (François)

 Le père de Laurane est un pêcheur des côtes et habite avec sa femme et sa fille à la troisième rue du galion. Il est petit et grassouillet au crâne chauve et ne manque pas une occasion de rigoler.

La mère de Laurane (Létitia)

 La mère de Laurane est couturière chez la reine. Elle n’est presque jamais chez elle. Elle aime tendrement sa fille même si elle lui reproche d’être un peu garçon manqué. Elle est très grande et ressemble à celle ci.

Marie

Marie est la meilleure amie de Laurane. Elle lui ressemble mais a les yeux bleus. Elle a une moufette très efficace contre les garçons !

La mouffette

La mouffette est très intelligente. Elle sait lire et écrire. Son surnom est Mouffmouff. Elle communique avec les humains grâce à des pancartes qu’elle écrit elle-même.

Le père de Marie (Claude)

Claude est le père de Marie, et est capitaine d’un bateau nommait l’Aventurier. Il habite avec sa famille à la rue du capitaine, pas très loin du bar le bon trident (où il se rend presque tous les soirs accompagné de son équipage et parfois de sa fille et de Lauranne.) C’est un très bon capitaine, il est blond aux yeux bleus et est l’une des rares personnes qui soit vraiment honnête.

La mère de Marie (Valérie)

 Valérie est la mère de Marie, elle s’occupe des animaux, et est très généreuse avec les mendiant qu’elle invite d’ailleurs souvent à manger et à se laver. Elle est rousse aux yeux verts et sa beauté ainsi que sa gentillesse, ont submergés bien des cœurs...

Tristan

Tristan et le pire ennemi de Marie et le bras droit de Guillaume. Il est brun aux yeux marron. Et aime par-dessus tout enquiquiner les filles, mais jamais seul...

Guillaume

Guillaume est le pire ennemi de Laurane. Il est le chef d’une bande de quinze garçons machos et bêtes comme leurs pieds. Il a les cheveux noirs et se met un gel dont il a le secret pour faire tenir sa frange en pique. Ses yeux sont de la même couleur que ceux de Tristan.

1 Le rêve de Laurane

« Laurane tu rêve ? »Demanda le professeur. La jeune fille faillit tomber de sa chaise en entendant la voix du maître.

« Euh… Je …Non… bredouilla Laurane

-Peux –tu me dire quelle est la mesure de vitesse d’un bateau ?

-Oui monsieur. Ce sont les nœuds.

-Bien, taches d’être plus attentive. »

 Heureusement, le père de Laurane est marin. Si la jeune fille est à l’école aujourd’hui c’est qu’elle prépare ses études : elle veut devenir capitaine. C’est son rêve à elle, son rêve intime. Dans cette classe elle n’est pas la seule fille, en vérité elles ne sont que deux. Cette autre fille se nomme Marie. Son père est capitaine d’un bateau qui s’appelle l’Aventurier. Sa mère s’occupe des animaux. Marie s’est très rapidement liée d’amitié avec Laurane. Enfin la cloche sonna. Tout le monde sortit en parlant de tout et de rien. Les jeunes filles allèrent s’asseoir à l’ombre du platane, qui, comme un roi, trônait dans la cour.

2 Permis du marin

« Marie, on te demande en bas !

- Qui est-ce maman ?

- Laurane mon cœur.

- Arrête de m’appeler << mon cœur>> !

- D’accord mon cœur. »

La jeune fille soupira : décidément, sa mère avait un drôle de sens de l’humour ! Marie attrapa sa besace, y fourra quelques livres et sa mouffette. Elle dévala l’escalier, embrassa sa mère et sauta la barrière.

« Marie ! Alors ça va ? Demanda Laurane.Tu es toute pâle !

- Bof… Je ne suis pas bien, j’ai envie de vomir ! Mais toi ça va ?

 - Déjà mieux que toi ! -

J’ai pris ma mouffette !

- Super ! En plus de ton envie de vomir, si tu vises bien, nous avons, en arme fatale ta Mouffette ! »Dit Laurane pour taquiner Marie Puis les deux amies partirent pour l’école.

Soudain, une bande de garçons apparut au détour d’une ruelle.

 « Tiens, mais quelle mauvaise surprise ! S’exclama Laurane. Remarque, on n’est rue : <malchance>.

- Oh mais c’est ces chères petites pestes ! S’écria un grand brun nommé Guillaume.

- Alors, les beautés on se promène sans escorte ? Mais si vous insistez nous pouvons vous dépanner … Hein les gars ? !demanda un autre garçon

- Ouais ! » S’écrièrent les autres

Soudain, Marie devint livide.

« Vomi éjection ! »S’exclama Laurane en se déplaçant pour éviter le vomi. Hélas, contrairement à ce que pensait Laurane, le vomi n’atterrit pas sur les garçons, bien au contraire ! Il raterrit au pied de Marie...

« Tu parles d’un <vomi éjection> ! Raillèrent les garçons qui s’étaient baissés pour éviter le vomi.

-Je me sens mieux. Dit Marie

-Plus pour longtemps ! Regarde, Guillaume va sonner la charge. » L’informa Laurane en tendant à Marie un mouchoir pour qu’elle s’essuie la bouche.

En effet, Guillaume lançait l’assaut. Les jeunes filles s’entreregardèrent. Marie fut la première à réagir. Elle dégaina sa mouffette.... A sa vue, tous les garçons reculèrent. Guillaume, qui était en tête freina et glissa sur le vomi, et finit sa glissade aux pieds des jeunes filles.

« Vous n’êtes pas très contentes j’imagine ? Demanda Guillaume

-A toi l’honneur Marie. Et pour répondre à ta question, Guillaume, non, nous ne sommes pas contentes. Mais trêve de bavardage. A toi Marie.

-Mon détesté Guillaume, j’ai la joie de te dire que…Tu vas avoir très mal …

-A moi, ma bande !

-Restez en dehors de ça, vous autres ou vous subiriez le même sort que votre chef ! » Menaça Laurane Marie prit Guillaume par le col, le retourna, pris sa mouffette qui se fit un plaisir de péter sur le jeune homme, puis, ne tenant pas compte des gémissements de Guillaume, Laurane le poussa dans le vomi. Ensuite les jeunes filles repartirent en riant. Arrivées devant l’école où elles étudiaient, Laurane et Marie allèrent s’asseoir au fond de la classe. Le professeur leur annonça que les épreuves du Permis du marin commenceraient l’après-midi même. Ceci, émoustilla et inquiéta toute la classe Toute l’après-midi, les épreuves se déroulèrent. Elles consistaient à : manœuvrer un bateau sans gouvernail, trouver un équipage, et toutes autres épreuves… Avant qu’ils ne sortent, le professeur les interpella : «Vous aurez vos résultats lundi. Bon week-end !

-A vous aussi professeur >> lui répondirent les élèves.

Marie raccompagna Laurane chez elle, puis, repartit. Pendant les deux jours qui suivirent, les jeunes filles, quand elles se voyaient, ne parlaient que de leurs résultats. Enfin, lundi arriva. Quand Laurane et Marie lurent leurs résultats, la joie les envahit : toutes deux avaient réussi ! Toutes deux avaient leur permis ! Les jeunes filles rentrèrent chez elle toutes joyeuses. Leurs parents, eux, étaient plus fiers que jamais.

Chapitre 3

 Le pari

Marie buvait un jus de pamplemousse dans lequel flottait une olive verte et Laurane une bière avec un pamplemousse accroché dessus dans un bar nommé <au bon trident>.

Elles allaient partir, quand soudain, une voix les interpella.

« Eh les pestes ! »Pas la peine de réfléchir, ça ne pouvait être que Guillaume .

Les jeunes filles se retournèrent et Laurane s’écria

« A mais qui voilà ! Ce mec ressemble à Guillaume, ma parole !

-Ca ne peut être que lui vu l’odeur ! Se moqua Marie

-Alors vous les avez vos permis ?demandaGuillaume l'air sûr de lui

 -Ouais ! Et toi ?

 -Non, mais… Répondit Guillaume qui avait perdu tout son splendide. Je trouve que pour des filles…Enfin moi ce que j’en pense …

-Attend là, tu insinues que nous avons triché c’est ça ? Demanda Marie qui commençait à s’énerver

 -Calme-toi ! Je suis sûre qu’il ne pense pas ça. Dit Laurane en tentant de calmer Marie

-Depuis quand tu le défends ?

-Euh…Très bonne question.

-Ecoute-moi Guillaume, j’aimerais que vous arrêtiez de nous embêter. Par ce que, tu vois, j’en ai marre de me battre chaque matin en allant à la fac. Et ma mouffette aussi .Voilà un seul et dernier avertissement. »Dit Marie en sortant sa mouffette qui paraissait aussi énervée que sa jeune maîtresse. L’aubergiste, qui surveillait les jeunes gens du coin de l’œil, intervint :

« Arrêtez de vous battre ! Et séparez vous.

-Je crois plutôt partir .Tu viens Laurane ?

-J’arrive. » Les jeunes filles tournèrent le dos à leur ennemi .Elles étaient à la porte quand celui ci les appela d’une voix de fausset.

« Eh les filles !puis reprenant sa voix normale il ajouta : je vous parie de ne plus vous embêter et en même temps de ne plus penser que vous avez triché si vous traversez les sept mers ! Et que vous en revenez vivantes.... » Les marins qui parlaient activement s’étaient arrêtés, au nom de sept mers.

Tous savaient qu’elles étaient peuplées de monstres ! Ces jeunes filles n’avaient aucune chance de réussir !

« Réfléchissez. Et puis ça pourrait vous servir de voyage de.... Connaissance. ajouta Guillaume provocateur

- Guillaume, tu le sais bien, aucune de nous deux n’a un bateau ! s’écria Marie

- Ton père en a un, non ?

- Oui mais, comme tu l’as dit, il est à mon père ! Je peux pas l’emprunter comme ça !

- Aller avoue, t’es même pas cap’ t’as les ch’tons !

- OK. Guillaume j’accepte. lâcha Laurane .

Parmi les marins des chuchotements désapprobateurs circulèrent

- Laurane t’es folle !? Ou t’as trop bu ?! A, oui c’est vrai TU es folle. se rappela Marie en se tapant le front du plat de la main

- J’accepte ce pari. Répéta Laurane devant l’air ébahi des marins. Mais je veux dix- neuf hommes qui sachent naviguer et ont leur permis .Je veux un bateau aussi...

-Tu n’iras nulle part sans moi ! s’exclama Marie. Tu es mon amie et Tristan, le bras droit de Guillaume, est mon pire ennemi. De plus tu auras besoin de quelqu’un d’intelligant (comme moi) belle (comme moi) et complètement folle pour te suivre dans cette aventure (comme moi) !

 -J’apprécie ta solidarité Marie mais si tu pouvais enlever les deux premier adjectifs, ce serait beaucoup mieux !railla Tristan

-Il ne me semble pas t’avoir sonné Tristan ! Cracha Marie

-Tu sais quoi?

 - Non mais je sens que tu vas me le dire…

-Tu…Tu…Tu es une… Une…Une pauvre nouille qui s’abrite derrière sa mouffette lors d’un combat ! Une lâche tentant de paraître courageuse ! Tu ne traverserais pas les 7 mers sans quelqu’un pour t’épauler ! Tu te sers des autres comme bouclier…

-Tristan ! Pourquoi tu m’insultes ? Tu veux me provoquer ? Pas besoin d’insultes tu sais ? »Dit Marie d’une voix étrangement calme et douce mais qui tremblait sous l’effet de la colère.

Tristan fut surpris, il s’attendait à ce qu’elle lui saute dessus, qu’elle le frappe ! Mais au lieu de cela, elle se tenait devant lui parfaitement sereine (du moins en apparence). Lui qui aurait voulu lui faire du mal avec ces mots, lui qui aurait voulu l’entendre pleurer…. Rien de tout cela n’était arrivé. Elle s’était contentée de poser son sac et sa mouffette et de lui faire face. Marie avait alors annoncé :

«Tristan, moi Marie de Monte noir je te défis de me combattre ! Je combattrai sans la mouffette, ainsi je te prouverai que je ne me cache pas derrière mes amies lors d’un combat. Puis elle se tourna vers l’aubergiste : N’intervenez pas ! Sous lui aucune raison.

Il approuva en haussant les épaules :

-Comme vous voulez. Mais s’il vous plait ne cassez rien… »

Les deux adversaires commencèrent à tourner dans le cercle que les marins avaient formé autour d’eux. Déjà les spectateu prenaient des paris. Soudain, Tristan envoya son bras gauche sur la mâchoire de Marie. Celle- ci l’évita sans peine réelle. Le combat s ‘engagea…

Pendant ce temps là, Laurane et Guillaume s’organisaient :

«Nous sommes bien d’accord ;tu me laisses dix ans et tu me trouves un équipage. OK ?

-OK. Pour la première raison mais la deuxième risque d’être un peu plus dure…Qui serait assez fou pour tenter cette aventure ?

-Nous ! » Lui répondit une voix grave .Dix- neuf marins étaient sortis des rangs sous les regards désapprobateurs des autres marins.

« Nous ! Répéta le marin.

Il était grand, maigre et barbu, son regard était rassurant et chaleureux.

-Mais il nous faudrait un bateau et nous n’en avons pas…Du moins aucun n’est adapté à cette aventure ! Laurane soupira. Guillaume se rendit compte que la jeune fille avait vraiment envie d’accomplir cette traversée, et que ce pari lui permettrait de réaliser un rêve. Elle ajouta :

-Dommage ! J’aurais aimé faire cette traversée ! »

Marie, après avoir assommé Tristan avec une chaise, intervint :

«Laurane ! Mon père à un bateau, et euh…Monsieur…Monsieur comment au fait ?

-Je m’appelle Orion et mon chien Sac-à - puces. C’est un chien de berger.

-Vous pourriez prêter votre bateau à mon père ? C’est un pêcheur de côtes mais son bateau est fait pour la haute mer et ses tempêtes…

-Hum…C’est faisable mon bateau est construit pour les côtes ! Mais…Dis moi le nom du bateau de ton père ?

-L’Aventurier. Pourquoi ?

Le visage du marin s’éclaira d’un sourire :

- Alors je connais ton père ! Je travaille pour lui. Mais il s’est montré un tellement bon capitaine que j’ai voulu rester matelot sur son navire !Je pourrai arranger ça avec ton père. Puis il se tourna vers Laurane : Désolé mais il va falloir convaincre tes parents seule.

-Bon et bien…C’est réglé ! Laurane je marquerai l’heure de ton départ. Si tu arrives après cette heure tu auras perdu ! Je ferai de même pour les jours. Quand partiras –tu ? demanda Guillaume

-Au plus tôt ! Demain si possible.

-Bien ! Mesdemoiselles, messieurs je vous souhaite : bonsoir ! »Dit Guillaume en réveillant Tristan et en l’entraînant hors de l’auberge.

Marie raccompagna Laurane chez elle. Les jeunes filles se souhaitèrent bonne nuit et entrèrent chez elles en se demandant comment leurs parents allaient prendre la nouvelle…

 

Chapitre 4

Départ

Laurane et Marie avaient annoncé leur intention le matin même. Le père de Marie refusait de prêter son bateau :

«De quoi allons nous nous nourrir ? La pêche nous aide beaucoup ! C'est a  ce moment là,que Orion , qui ne s’était pas encore manifesté, intervint.

-J’ai un bateau ! Il est construit pour la pêche côtière : il fait à peu près vingt mètres de la poupe à l’arrière et il a une bonne flottaison. Mais pouvez vous me garder mon chien ?

Le père de Marie soupira mais accepta, puis il se tourna vers Marie :

 -Ma fille j’espère que tu sais ce que tu fais…

-Oui papa ne t’inquiète pas ! Quand je reviendrai, je serai pleine d’expérience ! Et pas seulement en navigation !

-Bien ! Comme tu veux ! Ma fille, honores notre famille ! » Il serra sa fille dans ses bras puis recula essuyant d’un revers de main les larmes qui commençaient à lui monter aux yeux. Pour Laurane, les larmes coulèrent beaucoup des yeux de sa mère qui refusait de laisser sa fille partir. On dut lui expliquer de long en large(au moins trois fois) les raisons de ce départ quelque peu précipité…

 Les jeunes filles préparèrent leurs affaires.

Avant de partir, Marie se pencha vers sa mouffette et lui murmura à l’oreille :

 « Allez ! Courage ! Je ne peux t’emmener, tu risquerais d’avoir le mal de mer… Dix ans ou moins c’est peux- être pas très long… »

Puis, elle enfouit sa tête dans la douce fourrure du petit animal et pleura doucement. Quand les jeunes filles partirent, elles ne savaient pas que, bien camouflée dans la valise de sa maîtresse, la petite mouffette dormait paisiblement (il faut avouer que la mère n’avait put résister à l’envie d’aider le petit animal). Laurane et Marie, mélancoliques, regardaient le village où elles avaient grandi s’éloigner. Marie pensait à sa famille et à sa mouffmouff qui, elle ne le savait pas, dormait vautrée dans des couvertures de vêtements qu’elle s’était confectionnées. Toutes ces personnes qu’elles avaient aimées devenaient de plus en plus petites, toutes leur manquaient déjà. Laurane le regard, dans le vide, pensait à sa nouvelle vie : elle était prête à mener sa quête à bien. Au loin, l’horizon s’étendait à perte de vue. L’Aventurier devenait de plus en plus petit. Au port, la tristesse s’était abattue. Il était dix heures (elles étaient parties à sept heures) quand les mères des deux jeunes filles arrêtèrent de pleurer.

Chapitre 5

 Première mer

Il est neuf heures, sur le pont des hommes s’activent. Laurane hurle des ordre,qui, hélas n’ont pas l’air d’être beaucoup écoutés..... Marie écrivait sa première journée sur l’Aventurier quand, soudain, Laurane l’interpella :

« Marie vient dire à cet imbécile de première classe que les femmes à bord ne portent pas malheur !!!

-Tu sais ce qu’il te dit l’imbécile de première classe ?

-Non mais je sens que tu vas me le dire…

-Tu veux vraiment que je te le dise ?

-Ouais, mon grand !

-Tu…Tu…

-Je ?

-Tu as de beaux yeux tu sais ?

-Ouais, je sais. Sinon, rien d’autre ? Non ? Très bien ! Donc, s’il te plaît, peux-tu terminer de nettoyer le pont ?

-Tu crois que je vais obéir à une femme ?

-Ben…Oui, pourquoi pas ?

-Attention poupée ! Tu commences à m’énerver…

-Ouais !…Et alors ? »

Le marin, à bout de nerf, envoya sa main vers le visage de Laurane qui l’évita d’un gracieux mouvement de tête. La jeune fille répliqua, à cette attaque, par un coup de poing dans l’estomac de son agresseur.

« Quand je pense que les marins sont réputés pour leur sang froid !

-Pas tous apparemment ! »

Marie avait à regret fermé son carnet pour intervenir avant une dégénération totale .

« Si les journées commencent comme ça, Je craint le pire… !pensa la jeune fille

 -Je vous suggère d’arrêter vos gamineries et de regagner vos postes. Comme personne ne bougeait, Marie toussota et hurla :

-Obéissez ou sinon je vous balance tous au requins !!!!… Tous sauf Laurane, bien sûre… »

Les marins obéirent en bougonnent. Marie retourna dans sa cabine.  Soudain, elle entendit, alors qu’elle s’apprêtait à écrire les événements de la journée, un grattement. La jeune fille se leva et s’approcha du bruit. Plus elle avançait vers les valises, plus le grattement augmentait… Elle arriva alors tout près du bruit…Il provenait d’une valise en cuir rouge. « Tiens c’est ma valise… La jeune fille y colla son oreille : C’est bien de là que provient le bruit ! »souffla-t-elle. La jeune fille souleva le couvercle et eut juste le temps d’apercevoir une queue blanche rayée de noir… Sous le poids de son attaquant, elle bascula sur le dos… Marie s’attendait à être mordue jusqu’au sang, griffée… Mais certainement pas léchée ! La jeune fille, quand elle réussit à enlever la chose, ne put se retenir de pousser un cri de joie : c’était sa petite mouffette ! Marie ne savait pas comment elle avait fait pour s’introduire dans le bateau…Mais…Qu’importe ! Elle était là, et c’était l’essentiel. La jeune fille serra sa Mouffmouff contre son cœur, puis alla voir Laurane .La jeune fille fut enchantée de voir le petit animal dans les bras de son amie : en effet, les hommes refusaient d’exécuter le moindre de ses ordres : pour eux, une femme n’avait rien à faire à bord. Laurane les menaça de demander à la mouffette de leur péter dessus. Pourtant, rien n‘y fit : le marin superstitieux lui avait répondu :

« De toute façons, on pourra pas puer plus !Hein les gars ! »

 Les « gars » en question, avaient éclaté de rire. Ce qui eut pour effet d’énerver Laurane. Cette fois, Marie ne put retenir son amie : le poing de la jeune fille partit en direction de la figure du marin. Il atteignit sa cible de plein fouet. Le marin tituba avant de s’écrouler. Il s’assit et en se massant la mâchoire :

« Aouh ! Non seulement elle a le poing facile, mais en plus elle tape fort ! Puis, se redressant, il fit :

-Mais, je l’ai moi aussi très facile et très fort…

Sur ses mots, il lança un poing destructeur vers le nez de Laurane. Celle- ci se baissa pour éviter le poing…Un pauvre marin malchanceux, le reçut en pleine mâchoire. Il était un peu plus grand que Laurane, ce qui explique qu’il se le soit pris dans les dents et non dans le nez. Le marin était grand, voire imposant c’était une montagne de muscles. Il avait d’épais sourcils et de petits yeux. Et son crâne était recouvert de cheveux gris. Il grogna et prit le marin par le col de son tee- short :

« Toi avoir fait mal à Toto Alberto. Toto Alberto casser figure à toi !

 Le marin leva son poing. Soudain, un autre marin s’en mêla , il attrapa le bras du marin en s’écriant :

-Lâche Mâchicoulis espèce de grosse brute !

-Que dire moucheron ?

 Laurane intervint :

-Hé !Les gars !Sans vouloir vous déranger, c’est ma bagarre !

-Que dire la fille ?

-La fille te dit de poser Mâchicoulis à terre car c’est moi, et moi seule qui lui casserais sa sale face de crapaud !

-Merci, trop aimable !railla Mâchicoulis Voir le gros marin face à Laurane toute fine et beaucoup plus petite que Toto Alberto avait quelque chose de comique.

-Toto Alberto pas recevoir ordre de fille !

Laurane soupira :

 - Ah ! Les marins et leur superstition !

La jeune fille regarda le marin droit dans les yeux, et lui dit d’une voix forte :

-Toto Alberto, tu es aussi idiot que musclés, cela dit, ne prend surtout pas cela pour un compliment !

Tout les marins inspirèrent d’horreur : tous ceux qui avaient insulté Toto Alberto ne s’en n’étaient jamais sortis !

-Fille pas savoir qui être moi ?

-Si, parfaitement.

-Alors tu savoir que tous ceux qui m’avoir insulté…

 -Sont mort oui je le sais.

Toto Alberto leva son poing, menaçant. Laurane fut heureusement plus rapide que lui :elle bloqua le gros poing qui fonçait sur elle, puis, elle passa Toto Alberto par dessus son épaule (ce qui lui valu un petit os déplaçait mais qui guérit vite). Celui ci s’aplatit sur le dos.

-Fille va être réduit en bouillie !

-C’est ça !Rêve toujours mon gros !

Ce fut de trop pour Toto Alberto, il fonça sur Laurane qui, cette fois, n’eut pas le temps d’esquiver l’attaque. Le gros marin l’attrapa avant de la lancer en l’air .La jeune fille finit sa course contre le mât du navire. Toto Alberto s’avança vers Laurane, prêt à frapper. Il leva son poing…Soudain, Marie, la mouffette sous le bras s’interposa entre le marin et son amie :

-Touche pas à ma copine espèce de sale brute !Mouffmouff ! A toi ! La petite mouffette se retourna, leva la queue, et lui envoya un pet nauséabond en pleine figure. L’odeur était d’une telle puanteur que le marin tomba dans les pommes.

-Et voilà le travail ! s’exclama Marie en caressant sa mouffette, D’autre prétendant ?ajouta-t- elle à l’adresse des marins Ceux ci s’apprêtaient à répondre, mais la voix du guetteur les devança :

-La première des sept mers droit devant !

-C’est tout !?s’écria Marie étonnée, Pas de pieuvre géante ou de serpent à trois cornes ?

 -Non…SI ! Une ombre ! Avec seize bras ! Et elle nous arrive dessus à vitesse grand V ! »

6 Combat

contre la pieuvre

« Tous à vos harpons ! Préparez vous au combat ! Marie, Mouffmouff, Toto Alberto et Mâchicoulis ! Avec moi ! Les autres, placez vous autour du pont ! Et tirez dès que la pieuvre sort de l’eau ! »

Les marins obéirent, pour une fois, aux ordres que Laurane leur donnait. Tous étaient prêts à tirer. Sur le pont, une angoisse effrayante s’était installée…Et cette pieuvre qui ne se décidait pas à attaquer…

Au bout de dix minutes d’attente, un marin déclara :

« Notre bon vieux guetteur n’est plus celui qu’il était, il a dû rêver…Fausse alerte les gars… Tous les marins lâchèrent un soupir de résignation, Albert avait raison, leur guetteur n’était plus ce qu’il était….

Et c’est ce moment là que choisit la pieuvre pour attaquer…La panique remplaça l’angoisse en moins de temps qu’il n’en faut pour le taper à l’ordinateur…

La mouffette repoussait courageusement, de son harpon, un des seize bras de la pieuvre…Dans un ultime effort, elle lança son arme qui transperça la chaire rouge. La pieuvre hurla de douleur rétracta son bras avant de le rentrer dans l’eau. Mouffmouff lâcha un soupir de soulagement… Ce fut sa seule erreur…Un bras sortit de l’eau et attrapa l’infortunée mouffette…Elle lança un cri de peur et de dégoût, pour attirer l’attention de sa maîtresse, mais, ne voyant aucune réaction, elle lui lança une pancarte sur la tête. Mission réussie. Marie tourna la tête et aperçut sa mouffette chérie prisonnière de ce bras tout visqueux. Sans hésiter, n’écoutant que son courage, (mais aussi une petite folie qu’elle avait au fond d’elle), Marie fonça, harpon en main, sur le bras de son ennemi du moment. Elle grimpa sur la rambarde du navire, prit son élan, et sauta sur le membre. Une fois dessus, la jeune fille leva son harpon et l’enfonça de toutes ses forces dans la chaire rouge. La réaction de la pieuvre fut immédiate : elle lâcha la mouffette, mais, dans son mouvement, elle fit basculer Marie qui se rattrapa de justesse à un autre bras rouge. Dans un effort gigantesque, elle parvient à se mettre debout sur le bras, et à tenir en équilibre (ce qui n’était pas chose facile vu que le bras bougeait sans arrêt). Soudain, celui ci s’éleva et se plaça devant la tête de la pieuvre. Ce mouvement faillit faire tomber la jeune fille. Elle lâcha un soupir de soulagement. Mais lorsqu’elle leva la tête, elle le regretta aussitôt et se demanda si tomber à l’eau n’était pas préférable…L’énorme tête de la pieuvre se trouvait devant elle, ses deux yeux globuleux se plantèrent dans ceux de Marie. La jeune fille se sentit, soudain, toute bizarre, elle n’arrivait plus à maîtriser son corps…Soudain, elle comprit : le mollusque géant prenait le contrôle de son corps, de son esprit…Il était trop tard pour lui résister….Marie fut inexorablement attirée par la pieuvre, par sa bouche, par ce cœur noir que la jeune fille savait à l’intérieur… Laurane était en prise avec un bras géant lorsque la petite mouffette attira son attention sur Marie qui jouait les funambules sur un des membres couverts de ventouses de la pieuvre. « Marie !cria la jeune fille, qu’est ce que tu fiches ?! Son amie ne répondit pas et continua d’avancer vers le monstre. La petite mouffette expliqua, grâce à une pancarte la situation à son amie. Celle ci en conclut donc que Marie avait été hypnotisée. Elle attrapa un autre harpon, le sien étant plantée dans le bras du mollusque, et demanda à la mouffette : -

-Ma jolie Mouffmouff, il faut que tu fasses diversion…

La jolie petite bêteen question comprit tout de suite le plan de son amie et fit<oui> de la tête. Elle remonta sur un des seize bras de la pieuvre et mordit de toutes ses forces dedans. La bête hurla. La diversion de la mouffette fut une totale réussite. Le monstre rapporta toute son attention sur la petite bébête qui semblait en redemander. Elle envoya son bras titanesque sur la mouffette sans pour autant quitter Marie des yeux. « Fichtre ! Ce monstre ne veut pas lâcher Marie des yeux… » Pensa Laurane Il lui fallait venir en aide à son amie qui n’avait plus aucun contrôle sur son corps. Elle grimpa au filet du mât, et, lorsque qu’un bras passa devant elle, s’élança…La jeune fille plana un moment, et, soudainement, retomba brutalement sur le bras du mollusque. Elle s’élança de bras en bras en direction de Marie lorsque la voie d’Orion retentit :

«Laurane ! Le cœur de la bête se trouve dans sa bouche ! » La jeune fille hocha la tête. <>Ces mots résonnaient comme une victoire dans la tête de Laurane, comme une délivrance pour Marie et comme un dégoût pour elle même… Elle respira un bon coup et s’élança… La mouffette aussi avait entendu Orion. Elle attendit que Laurane se trouve juste devant la bouche de la pieuvre avant de mordre de toutes ses dernières forces dans le bras du mollusque. Ses dents traversèrent la chaire rose comme dans du beurre. Jamais elle n’avait mordu aussi fort de toute sa vie. La bête, qui avait déjà commencé à hypnotiser Laurane en même temps que Marie, hurla. L’emprise que le monstre avait sur Laurane se dissipa. La jeune fille se retrouva aussitôt libre de ses mouvements. Et alors, elle le vit, noir et laid comme le mal, des bras visqueux s’étendaient de toute part de la bouche de la pieuvre, le coeur était battant. Elle lança son harpon. Au même moment, la pieuvre effectua un brusque mouvement. La mouffette fut éjectée contre le mât et Laurane tomba. Elle était à quarante mètres du sol, et la jeune fille savait, qu’à cette hauteur, l’eau était aussi dure que du béton. La jeune fille ne se faisait pas d’idée: elle allait mourir et perdre son pari, ses amis, sa famille… Des larmes de rage coulèrent sur ses joues. Comment avait-elle pu être aussi stupide ? Comment avait- elle pu croire que, elle, Laurane de Montegris aurait pu triompher des 7 mers les plus dangereuses de toute la planète ? Elle hurla sa rage et sa peur. Au même moment, le harpon atteignit son but. La pieuvre hurla une dernière fois avant de couler à pic dans l’eau. Soudain, une main attrapa la sienne. La chute de la jeune fille s’arrêta net. Elle heurta violemment la coque du navire. Laurane leva la tête vers celui en qui elle devait sa vie. Au dessus d’elle se tenait Mâchicoulis. Il lui sourit :

« Toi et ta copine, vous êtes pas des filles comme les autres. Je vous ai mal jugées… » Après ces phrases, il entreprit de remonter Laurane sur le pont. Celle ci s’écroula, ; morte de fatigue. Elle demanda alors faiblement :

« Quels sont les dégâts ?

- La voile est déchirée, mais rien d’irréparable… Par contre, il y a un énorme trou dans le pont.

 - La cale est elle touchée ?

- Non. Un marin qui s’y trouvait au moment de l’attaque a transpercé le bras avant que celui-ci ne touche le fond de la cale.

- Où sont Marie et Mouffmouff ?

- Contre le mât.

- Elles vont bien ? S’enquit Laurane

- Oui. D’ailleurs, elles se réveillent.

 - Bien, très bien. Maintenant, je vais me coucher…

- Mais, t’es blessée…

- Fait rien… » La jeune fille rejoignit sa cabine et s’écoula sur son lit avant de s’endormir deux petites secondes plus tard.

publié par Léa Barnel dans: mouton
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