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mouton

Pseudo: Léa BarnelCatégorie: VoyagesFais tourner ce blog!
Mercredi 11 Octobre 2006

 

 

7

 

Requin géant

 

 

Laurane grimaça. Le médecin de bord tapotait une de ses blessures avec un coton imbibé d’alcool. Elle avait pas mal de blessures plus ou moins graves, mais son état était stable par rapport à certains marins qui déliraient sur leur couche. Leurs blessures étaient nettement plus graves que celles de Laurane. Parfois, c’était des côtes cassées ou encore des membres mutilés… Marie passait souvent la voir, inquiète de l’état de son amie. Laurane, ne pouvant sortir à cause d’une entorse à la cheville, lui demandait si tout ce passait bien sur le pont.

 

Celle ci lui répondait que tout allait bien, et que les réparations avançaient rapidement.

 

Au bout de deux jours, Laurane put marcher, puis courir. L’hiver se rapprochait, et avec lui le froid. Cependant, il faisait encore assez chaud pour sortir dehors avec seulement une petite laine. Et puis, un jour, il y eut deux disparitions… Deux marins. Ils montaient la garde lorsque, soudain, un hurlement les avait tous réveillés. Ils étaient tous accourus sur le pont. Ils avaient eu beau appeler, crier, hurler, pas de trace des deux marins. Mais, après une heure de recherche, il avait dû admettre la disparition de deux des leurs. Depuis cet accident tous ceux qui montaient la garde allaient à la place du guetteur.

 

Laurane dormait paisiblement, lorsqu’une langue râpeuse vint la léchait. La jeune fille se réveilla. Au- dessus d’elle se tenait un poisson qui la regardait, gueule ouverte. Elle hurla et se releva d’un coup. La mouffette roula le long des jambes de Laurane et le poisson vola. La petite mouffette se retrouva assise sur les fesses. Le poisson, quant à lui finit sa course sur la tête de la mouffette. Laurane éclata de rire. Mais, quand elle vit le petit animal tout étonné avec son poisson sur la tête, elle fondit littéralement.

 

« T’es trop mignonne ! Mais, si tu es venue me réveiller, ce n’est certainement pas pour mon tour de garde !

 

      -Effectivement, écrivit la mouffette, Marie aimerait que tu viennes manger.

 

-         D’ac’, j’arrive. »

 

Laurane s’habilla et sortit. A l’extérieur, une légère brise soufflait. Elle suffisait, cependant à faire avancer le bateau à une bonne allure. Marie mangeait une tomate adossée à la rambarde du bateau. En la voyant arriver, la jeune fille la salua d’un signe de main :

 

« ‘lut, ça va ?

 

-         Oui, et toi ? Ah, au fait, ta mouffette t’a raconté sa tactique pour me réveiller ?

 

-         Oui. Tu veux une tomate ?

 

-         Volontiers. »

 

La jeune fille s’apprêtait à mordre dans sa tomate, lorsqu’un brusque mouvement du navire la fit basculer en arrière. Sa tomate vola. La mouffette leva la tête. Elle vit une tomate lui arriver dessus... Le légume vint s’enfoncer sur le museau du petit animal. Bizarrement, il n’explosa pas. Mouffmouff regarda Laurane et Marie. En la voyant ainsi, les deux amies éclatèrent de rire...         

 

Ce qui eut pour effet de vexer la mouffette. Celle ci leur tourna le dos et leva la queue. Croyant que le petit animal allait les parfumer à sa manière, Marie et Laurane arrêtèrent aussitôt de rire. Mais, au lieu de cela, elle se contenta de les regarder et de leur tirer la langue. Puis, elle s’en alla en tortillant les fesses et en levant la tête comme une duchesse. Elle traversa tout le pont provoquant, à son passage, l’hilarité générale. Elle s’engouffra dans la tente de sa maîtresse, et en referma violemment la tenture pour aller bouder dans son coin.

 

La mouffette s’était habituée à porter une tomate sur son nez. Elle exigeait désormais d’en avoir toujours une sur son museau noir et blanc....

 

 

          L’aube commençait à paraître lorsque le guetteur repéra le requin. Il faisait six mètres de long et trois de large. Son aileron haut d’un mètre fendait les flots. Laurane sortit de sa tente en catastrophe. Marie était déjà dehors, harpon en main.

 

« Marie, que se passe-t – il ?

 

-         Un requin. Très grand.

 

-         Il va attaquer ?

 

-         C’est probable. »

 

Laurane attrapa un harpon et ordonna à l’équipage de faire de même. Les marins obéirent sans broncher et s’équipèrent. Orion arriva en boitillant. La pieuvre lui avait cassé la cheville et il était en rééducation.

 

-         Fais très attention, ce requin va vous montrer vos rêves les plus fous et tentera de vous emporter dans les abysses…

 

-         Orion, comment  sais -tu tout ça ?

 

Le marin regarda Laurane droit dans les yeux :

 

-         Je sais plus de choses que tu crois… »

 

Puis, avant que la jeune fille puisse lui demander se qu’il voulait dire par là, il lui tourna le dos pour aller chercher un harpon. Soudain, le requin sortit de l’eau…

 

Il sauta au dessus du bateau emportant avec lui le bras d’un marin… Personne n’avait réagi, figé par la surprise. Le requin retomba souplement dans l’eau. Il y eut un moment de silence que seul les gémissements du marin troublaient, puis, le bateau devint fourmilière. On emmena le marin à l’infirmerie, puis, tout le monde se posta près de la rambarde du navire. Les marins observaient la mer, anxieux .Mais le requin avait disparu .Soudain, Mouffmouff lança son harpon dans l’eau… L’arme se figea, avec un bruit mat, dans la peau du requin…

 

« Comment l’as tu repéré ? demanda Laurane étonnée

 

-         Il nageait à contre courant… » 

 

Elle n’eut pas le temps d’en dire plus. Le requin sauta de nouveau .Un marin qui se trouvait de l’autre coté du pont, cria avant de se faire emporter par le requin :

 

« Il a des pierres précieuses sous le ventre ! »

 

Le requin refit un passage. Tous les marins se ruèrent sur lui. Laurane avait beau tenter de les en empêcher, ils accouraient vers le requin. Certains voyaient de l’or, d’autres des rubis… Tous voyaient dans l’horreur qu’était le requin, richesse, luxe et tout ce qu’ils n’avaient jamais pu avoir, faute d’argent. Marie luttait contre son envie de se jetait sur le requin. Elle allait se laisser aller, lorsqu’elle vit Laurane se diriger vers le requin. Puis, ce fut sa mouffette chérie qu’elle aperçut. Dans leurs yeux, se lisait un combat entre la peur et la folie. Ces deux visions, suffirent à lui donner le courage et la force de partir tuer le monstre. Elle respira un bon coup et s’élança. Plus elle se rapprochait, plus l’envie de sauter sur le requin la gagnait. Pour lui résister, Marie serrait son harpon dans sa main. Il lui rappelait la lutte qu’elle devait mettre à bien. Soudain, elle fut tout près du requin. Lutter contre la tentation devint tellement dure, que des larmes se mirent à couler sur ses joues.  Lui, continuait à sauter autour du bateau. Marie accéléra. Elle ne tiendrait plus bien longtemps, elle le savait. Soudain, elle trébucha. Une seconde, elle cessa de se concentrer. Ce fut une erreur, une très grave erreur. La folie s’empara immédiatement de l’esprit de Marie. Les yeux de la jeune fille reflétaient la folie qui s’était emparée d’elle. Le requin refit un passage. Marie  glissa sur ses genoux. Elle allait prendre le requin dans ses bras, lorsque la chance tourna en faveur de Marie. Elle n’avait toujours pas lâché son harpon, et dans son mouvement pour tenter d’attraper le requin, elle avait dû lever les bras… Transperçant ainsi le requin. Tout d’un coup, toute la folie disparut des yeux de l’équipage. Celle ci se retira  laissant place à l’horreur et la destruction que le requin avait crée. Les marins reprirent leurs esprits. Personne ne se souvenait plus de rien. Mais le cadavre du monstre leurs rafraîchir les idées. Marie dégagea le requin de sa jambe. Laurane s’approcha de son amie et lui demanda :

 

« C’est toi qui l’a tué ?

 

-         Oui, mais ce n’était pas volontaire…

 

Laurane se releva et commença un discours d’une voix grave

 

-         Cher marins, Marie nous a tous sauvés. Alors, pour Marie, Hip ! Hip ! Hourra !

 

-         Hip! Hip ! Hourra !

 

Marie se releva et sourit. Cette fois, ils ne pourraient plus insinuer que des filles à bord d’un navire portaient malchance… Après une bonne vingtaine de « hourra », on se remit au travail. On déplora quatre morts dont Mâchicoulis.

 

« Le pauvre a dû voir l’amour…  avait déclarait Orion.                             

 

-         L’amour ? avait interrogé Marie

 

-         Oui, l’amour… Le pauvre bougre aurait voulu fonder une famille... C’est d’ailleurs pour cela qu’il voyageait…

 

-         Il voulait se trouver une femme ?…

 

-         Exactement. Il en  voulait une comme toi ou Laurane. »

 

Orion tourna le dos à la jeune fille et s’en alla aider les marins. Marie, elle, partit voir Laurane. Sur son chemin, elle croisa sa mouffette. Celle ci lui montra une pancarte sur laquelle était inscrit : «ordre de moi : Prends moi dans tes bras ! » La jeune fille, sourit, se pencha et prit le petit animal dans ses bras. Elle rejoignit Laurane et lui demanda :

 

« Sincèrement, pourquoi as tu décidé  de partir faire la traversée les sept mers les plus dangereuses de toute la planète ? Ca m’étonnerait que ce soit simplement pour que Guillaume cesse de nous embêter…

 

-         Bah… En fait, j’avais bien envie de le faire ce voyage….

 

-         Donc, Tu as mis la vie de vingt- deux personnes en danger par ce que tu avais envie de traverser les sept mers ? Mais ma vielle, il faut te soigner ! Cria la jeune fille pleine de colère. Mais bienvenue au club quand même ! ajouta elle, toujours en hurlant, mais avec un sourire au coin des lèvres.

 

-         Alors, toi aussi tu avais envie de faire ce pari ?

 

-         Ben, bien sûre ma vielle ! Comme tous ceux qui sont sur ce bateau !

 

-         Ouf ! Un instant, j’ai cru être la seule cinglée sur ce rafiot !

 

-         Rafiot ?! Non mais attends, je vais te montrer moi !    

 

Marie sauta sur Laurane en hurlant :

 

-         Bataille générale !

 

-         OUAIS !!! » Hurlèrent de joie tous les marins. Ils abandonnèrent leurs activités pour se lancer, avec joie, dans la bagarre…

 

 

                                                                        

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8

 

                  Deuxième mer

 

 

 

« La deuxième mer droit devant » Hurla le guetteur du haut de son perchoir.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

                          9

 

La tempête

 

                                                  

 

 

Le guetteur n’en croyait pas ses yeux : une énorme tempête, la plus grosse qu’il n’ait jamais vu. Elle fonçait sur le bateau à une vitesse incroyable. L’homme hurla :

 

« Tempête droit devant ! »

 

Hélas, le vent était tombé et tous les marins étaient descendus à la cale pour sortir les avirons et souquer ferme. Le pauvre marin dût descendre de son mât à toute vitesse. Il failli se rompre le coup en ratant le sixième cordages avant la fin de l’échelle de corde . Il traversa  qu’on puissetout le pont en courant aussi vite qu’il put. Le guetteur entra en trombe dans la cale Malheureusement, il rata la deuxième marche et dévala, cul par dessus tête, les huit dernières marches. Il s’affaissa devant les marins hilares.

 

« Une… Une…Une….

 

-Et ben quoi « une » ? En plus d’avoir perdu l’équilibre tu aurais également perdu ta langue ? demanda un gros marin au guetteur

 

Les marins éclatèrent de rire 

 

Le guetteur, piqué au vif, répondit en se relevant :

 

-         Et toi gros balourd, depuis quand n’as tu pas perdu du poids ? Un mois ou un an ?

 

Tous les marins plissèrent les yeux en secouant la main signe que c’était bien renvoyé et que  ça faisait mal. Le gros marin s’apprêtait à répondre lorsqu’un autre marin rata, lui, aussi la deuxième marche. Il dévala les huit dernières marches et finit sa descente sur le guetteur.

 

-Une tempête ! Enorme !

 

-Plus grosse que celle qui a ravagé Marseille* ! ajouta le guetteur

 

Les marins frémirent. La tempête avait ravagé Marseille en quelque minutes seulement. Elle avait coulé trente bateaux sur quarante amarrés dans le port. Marseille avait beaucoup perdu dans cette tempête. Si une ville comme Marseille n’avait pu résister à la tempête, comment, eux, pourrait- ils survivre ? Il fallait faire vite. Tous les marins abandonnèrent leurs places. Le guetteur alla rejoindre son poste, tandis que le marin qui s’était écrasé sur lui allait prévenir Laurane et Marie. Laurane aidait à l’infirmerie, tendit que Marie écrivait leur route et la journée sur son petit carnet de bord. Quand les deux jeunes filles apprirent la nouvelle, elles abandonnèrent immédiatement leurs activités, pour courir sur le pont. Là, elles s’adossèrent à la rambarde. Ce qu’elles virent, les fit presque tomber dans les pommes. La tempête était énorme. Le marin qui leur avait décrit, n’avait pas exagéré, et l’adjectif qu’il avait employé, énorme, était presque top faible devant la grosseur de la tempête. Elle avançait trop vite pour espérer la semer, et était trop large pour la contourner. La tempête n’était plus qu’à quelques heures, et les vagues commençaient déjà à forcir.

 

 «  Bon dieu... murmura Marie

 

-Tu l’as dit, et je crois que tu peux commencer à prier, par ce que là, je ne crois pas qu’il nous ait dans son cœur pour nous envoyer une telle horreur...

 

Marie déglutit, Laurane avait raison sur ce point, le seigneur,  bien que les jeunes filles n’y croyaient point, ne les avait pas sous son aile... Sur le pont, l’agitation était à son comble. La tempête se rapprochait, et ils n’étaient toujours pas prêts. De plus, les vagues commençaient à grossir. Soudain, une vague faisant bien six mètre de haut, les surplomba de toute sa hauteur. Les passagers de l’Aventurier  hurlèrent. La vague sembla les dévisager un instant, puis, elle s’abattit juste devant le navire. Soulevant ainsi une autre vague qui souleva elle-même le bateau. Mouffmouff, elle, était montée sur le mât. Celui ci oscillait dangereusement. Marie et Laurane était rentrées dans leur tente pour tenter de trouver quelque chose qui puisse les aider. Soudain, un horrible bruit se fit entendre. Suivit d’un grand « Timber !! ». Le mât venait de céder. Il s’abattit sur la tente de Laurane et Marie, épargnant de justesse les deux jeunes filles.

 

« Laurane ! Hurla Marie pour couvrir le vent, Il faut sortir d’ici !

 

-Je veux bien moi, mais....

 

Elle fut coupée par Marie 

 

-         Mouffmouff ! Tu es vivante ! Je t’ai crue morte !

 

Le petit animal lui fit un grand sourire (pour la mouffette, sourire revenait à montrer ses dents en un grand « tcheese ») elle sortit ses griffes, et découpa le tissu de la tente. Toutes purent en sortir. Mais, lorsqu’elles émergèrent complètement du tissu, ce fut pour voir les récifs sur lesquels ils fonçaient. Un long hurlement sortit de la gorge de l’équipage. A moins qu’il y ait un miracle dans la seconde qui suivait, ils n’avaient aucune chance de survivre. Le bateau fonçait à vive allure sur les récifs. Tous les marins s’étaient jetés à terre implorant tous les dieux de la mer qui leur passaient par la tête. Sans doute que les dieux eurent marre de leurs suppliques, ou alors eurent ils pitié d’eux, mais le fait est: que le miracle arriva.

 

 

La vague se détourna des récifs pour se diriger vers une plage... Le vent se calma, et la vague les emporta vers la plage où le navire fut retourné en tous sens avant de finir son tonneau sur le côté droit. La tempête les avait tous tellement épuisés qu’il n’eurent pas la force d’explorer la plage sur laquelle ils avaient échoué. L’équipage sombra dans un profond sommeil mêlé à une perte de conscience.

 

publié par Léa Barnel dans: mouton
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